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Le site lozérien d’ArcelorMittal mise sur l’acier électrique haut de gamme

Midi-libre fait le point avec le directeur, Gilles Hoffmann, après trois ans de fonctionnement de la nouvelle ligne dans l’usine de Saint-Chély d’Apcher

“Notre plan stratégique a été écrit en 2015 jusqu’à l’horizon 2020. La plupart des constructeurs automobiles réfléchissent actuellement à une production à 2,3 ou 4 ans. Nous sommes beaucoup consultés, explique Gilles Hoffmann, le directeur du site de Saint-Chély-d’Apcher d’ArcelorMittal. Nous pensons que tout ça devrait payer en 2019 et après. Nous avons encore deux années difficiles.”

Le site lozérien du géant de l’acier, historiquement, produisait de l’acier électrique pour des petits moteurs type électro-ménager. Depuis 2013 et l’inauguration d’une nouvelle ligne de recuit ultra-moderne, l’usine barrabande s’est spécialisée dans les aciers électriques haut de gamme pour les moteurs des voitures électriques, les éoliennes ou les moteurs industriels.

Projet de récupération d’énergie

“Sur la nouvelle ligne, pour changer la structure de l’acier, il faut chauffer beaucoup, explique le directeur, Gilles Hoffmann. Mais une toute petite partie de l’énergie sert au changement de cette structure. La perte est énorme quand on refroidit. Nous avons donc le projet de récupérer cette énergie pour la valoriser.” Le groupe a donné son feu vert à de nouveaux investissements pour aller dans ce sens.
“Tout le monde en profite : une partie sera rendue à la Ville. Sa chaudière a été installée à côté. C’était prévu dès le départ. Nous, nous en utiliserons une partie pour chauffer nos bâtiments. C’est plus écologique.” Et cela colle bien à l’image propre de la voiture électrique !

“Le groupe nous fait confiance”

“Nous sommes toujours, aujourd’hui, sur un marché des aciers électriques surcapacitaire, précise Gilles Hoffmann. En Europe et dans le monde de 30 à 40 %. Ici, nous ne sommes pas compétitifs car nous avons en face de nous, des concurrents plus gros qui savent tirer les prix vers le bas. Nous, nous sommes une petite usine, et il n’y a donc pas d’effet de masse.” Et de poursuivre : “De plus en plus, les normes européennes et internationales sont draconiennes et demandent du rendement en énergie électrique. En 2015, le Japon perd 4,5 % de ce qu’il produit dans le transport. En Europe, la perte est de 7 %. D’où ces normes drastiques. Ca va dans le sens d’aciers électriques haut de gamme. Tout comme le souci environnemental et des émissions de CO2 dont 50 % sont produites par le transport et l’automobile. D’où le développement de la voiture électrique.”

Acier électrique haut de gamme

Un développement promis mais qui tarde à exploser. “Notre stratégie est de raccrocher le haut de gamme, même si nous continuons à produire des aciers plus bas de gamme pour faire tourner les lignes, précise encore Gilles Hoffmann. Mais, il ne faut surtout pas se tourner les pouces. Les produits de 2019, nous ne sommes pas encore capables de les produire à 100 %. Nous faisons beaucoup d’essais. Nous accompagnons les constructeurs. Tout le monde en est là, dans la recherche. Par contre, quand ça marche, derrière il faut produire.”

De quoi justifier les investissements de 2013 pour la nouvelle ligne, même si “c’est compliqué et que nous sommes pour l’instant à zéro. Nous ne remboursons rien. Mais le groupe le sait, nous fait confiance et veut bien attendre un peu. Ce sont des années cruciales pour accrocher 2019. Et sans la nouvelle ligne, nous ne pourrions le faire.”

Vers une diminution des coûts

Le plan stratégique prévoit une diminution des coûts, une production d’aciers plus difficiles et plus longs à réaliser et la poursuite de la production “classique”. “2017 a bien commencé mais en 2016, nous avons souffert avec Fos qui a eu des problèmes techniques. Cela a engendré des surcoûts et, parfois, nous avons même manqué de matière première. Malgré tout, nous y croyons quand même beaucoup. Les résultats 2016 ont été appréciés par les salariés mais aussi par le groupe. On a obtenu sa confiance pourtant nous sommes une coquille de noix dans l’océan !” L’usine de Saint-Chély-d’Apcher qui emploie 200 personnes avec quelques intérimaires et une trentaine en sous-traitance directe a une production globale annuelle de 120 000 t, soit 1 % du marché mondial.

Le problème du fret SNCF

L’usine de Saint-Chély-d’Apcher qui reçoit ses bobines d’acier en provenance de Fos-sur-Mer est tributaire de la ligne SNCF Béziers-Neussargues, souvent remise en cause. “Je travaille beaucoup sur ce dossier, confirme le directeur. Je fais le lien entre la SNCF et les Régions. L’Auvergne a travaillé avec l’état dans le cadre du contrat de plan ; 800 km de ligne sont sauvegardés mais pas la portion Neussargues-Saint-Chély que la Région Auvergne n’utilise pas. Nous travaillons de notre côté avec la Région Occitanie, la mairie, le député… Tout ce petit monde a du mal à se parler. Nous industriels ne faisons pas de politique. Mais nous ne pouvons pas avoir d’incertitudes sur notre approvisionnement. La ligne est finalement en test pour deux ans, c’est un ballon d’oxygène. Mais SNCF réseaux ne peut rien prévoir. Nous avons donc un plan B.” Le tout route a donc été étudié ou le fer-camion. “Ce serait 10 000 camions supplémentaires pour une usine dédiée à la transition énergétique !”, se désole Gilles Hoffmann. D’autant qu’une portion de la route est ancienne et nécessiterait des investissements. “Nous faisons des études économiques au cas où le couperet tomberait du mauvais côté. Il y a encore beaucoup de chemin à faire”, conclut le directeur.

Source :

Caroline Gaillard – Midi Libre :  Le site lozérien d’ArcelorMittal mise sur l’acier électrique haut de gamme

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