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80% des bacheliers millavois restent en Occitanie

Tous les ans, les lycéens de la cité du gant émigrent massivement vers les villes universitaires. Témoignages des difficultés affrontées et analyse des raisons qui dictent leur choix.

Article Midi-Libre – 16 septembre 2016

Quatre. Parmi les 236 diplômés de la ville, cuvée 2016, seuls quatre étudiants resteront dans le Sud-Aveyron (*). Une statistique triste, mais logique. Avec sa poignée de cursus d’études supérieures (un en moins à partir de septembre, vu que le DUT info-com n’aura pas de premières années), la ville n’offre guère d’opportunités. Quitter le cocon familial est donc nécessaire. Sans aller trop loin tout de même. “J’ai choisi aussi Montpellier car ce n’est qu’à 1 h 15 d’ici, pointe Rudy Mathieu, qui a intégré la faculté des sciences. Ça me permettra de rentrer une semaine sur deux.” Le même rythme d’aller-retour prévu par Clara Heran, 18 ans, diplômée du lycée Jeanne-d’Arc. Elle aussi a mis le cap vers la ville héraultaise. Avec un projet clair en tête.

“Pour la rentrée, on était 5 000”

“Depuis que j’ai 14 ans, je veux devenir sage-femme, affirme Clara. Lors d’une journée portes ouvertes, on m’a expliqué que les chances de réussite sont plus hautes si l’on reste proche de sa famille. Ça a pesé sur mon choix.” Pour accéder en deuxième année de médecine, elle devra affronter un concours très sélectif. Être proche des parents est une façon de se concentrer sur ses études. “Pour la recherche d’appartement, c’est ma mère qui a géré, précise la jeune femme. Elle me laisse aussi des plats préparés et elle fait la lessive quand je rentre.” De quoi permettre à cette Millavoise de rester penchée sur les bouquins.

Les choix des 236 bacheliers : en tête, Toulouse résiste

La Ville rose est bien la destination préférée des jeunes Millavois. Avec 75 lycéens attirés dans ses filets, Toulouse l’emporte sur Montpellier, qui n’a su recruter que 47 adolescents. Avec 29 bacheliers, Rodez termine troisième, suivi de près par Clermont-Ferrand, seule ville hors Occitanie à regrouper un contingent significatif de Millavois. En général, le lycéen ne s’en va pas trop loin, mais il ne reste pas trop près non plus, vu que la cité du gant ne conservera que quatre étudiants. Enfin, à noter que la quasi-totalité des lycéens (hors bac pro) continue ses études. À Jeanne-d’Arc, un élève a décidé d’intégrer la vie professionnelle et à Jean-Vigo, ce chiffre n’est pas beaucoup plus haut.

Cours en vidéo et bizutage

Pour poursuivre leurs rêves, certaines de ses copines n’ont pas hésité à s’exiler jusqu’à Paris. Une véritable “rupture” inenvisageable pour Clara. Et pas seulement pour elle. Entre Toulouse, Montpellier, Albi, Rodez et d’autres petites villes de la région, c’est plus de 80 % des élèves qui ont décidé de ne pas quitter l’Occitanie. Et parmi les 20 % restants, plus de 11 % ont choisi Clermont-Ferrand. À deux petites heures de la ville sud-aveyronnaise. Une façon d’adoucir un changement d’environnement parfois abrupt. “Pour la rentrée le premier jour, on était 5 000, raconte Rudy. Quand on est habitué à Millau, ça fait un certain effet.”

Quant à Clara, elle aussi a dû se fondre dans les effectifs pléthoriques de la faculté de médecine de Montpellier. “On est tellement nombreux que dans les amphis, on diffuse les cours par vidéoconférence, s’étonne la future sage-femme, qui n’en a pas fini avec les surprises. Les étudiants qui ont redoublé leur première année nous embêtent aussi. Si on arrive une minute en retard, ils nous sifflent et ils nous chantent des chansons en disant qu’on va lâcher.” Un bizutage dans les règles de l’art. Insuffisant pour décourager Clara. Son aventure d’étudiante exilée se poursuivra, avant qu’elle ne retourne peut-être, exercer son métier à la maternité de Millau. À condition que celle-ci existe encore.

(*) Les données fournies par les établissements ne prennent pas en compte les bac pro du lycée Jean-Vigo.

“Le bouche à oreille est très important”

Claire Vigné, directrice de l’ensemble scolaire Jeanne-d’Arc, répond à nos questions.

Quelles sont les destinations les plus populaires chez vos lycéens ?

Sur le moyen-long terme, c’est difficile de dégager une tendance, ça varie beaucoup. Cette année par exemple, 45 % de nos bacheliers vont intégrer une université. Parmi eux, 30 % vont aller faire une licence dans le domaine de la santé à Clermont-Ferrand. C’est un pourcentage très élevé, alors qu’en 2015, ils n’étaient que trois. En ce qui concerne les étudiants en Staps, Rodez est très populaire. C’est une petite antenne, sans effectif pléthorique. Forcément, ça rassure.

Est-ce que les élèves vous sollicitent ? Quels critères sont importants dans leurs choix ?

Ici, c’est un petit univers. Le bouche à oreille recouvre une grande importance. Il suffit qu’un élève se trouve bien dans une faculté ou fasse un bon retour sur une prépa, pour que ça attire les autres. Après, les jeunes restent très attachés à la région, beaucoup préfèrent ne pas trop s’éloigner.

Combien partent loin et combien restent à Millau ?

Nous avons une fille particulièrement brillante qui a intégré une classe préparatoire en économie à Paris, une autre est partie à Valence en Espagne. Quant à Millau, un seul de nos élèves va continuer ses études supérieures ici. Il s’est inscrit au BTS comptabilité et gestion du lycée Jean-Vigo.

Source : Où les bacheliers millavois partent-ils étudier ?

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